Actualités patrimoniales | ÉTÉ 2025
Brigitte Trudel, Journaliste et auteure
Le manuscrit d’Anne à l’UNESCO
En novembre dernier, à l’occasion du 150e anniversaire de la publication originale d’Anne… la maison aux pignons verts, son manuscrit a été inscrit au Registre de la Mémoire du monde du Canada de l’UNESCO. Le document comprend 475 pages du roman rédigées à la main par Lucy Maud Montgomery. Y sont jointes 96 pages d’ajouts et d’insertions consignés par l’autrice. Depuis la parution de ce classique, son succès ne se dément pas, au point d’influencer le tourisme à l’Île-du-Prince-Édouard, où se déroule l’histoire. Les aventures de son attachante héroïne sont disponibles en français sur la plateforme OHdio de Radio-Canada.

Photo : Jean-Sébastien Duchesne
Outil pour l’immobilier collectif
Alors que les temps sont difficiles dans le secteur du logement, les projets collectifs qui passent par la requalification de bâtiments vacants ont la cote. Afin d’épauler les groupes qui s’y lancent, l’organisme Entremise, spécialisé dans le domaine, a créé une boîte à outils. Divisée en trois thématiques, soit immobilier collectif, bâtiment patrimonial et église, cette boîte à outils offre des renseignements complets sur divers aspects de la réhabilitation du patrimoine bâti. Documentation, questions architecturales, détails légaux et financiers et mobilisation citoyenne sont parmi les sujets au menu. L’ensemble permet un accompagnement étape par étape, de l’idée à la réalisation.
Si les usines pouvaient parler
Les ateliers Angus, aujourd’hui Technopôle Angus, constituent un lieu phare du quartier Rosemont à Montréal. Propriété du Canadien Pacifique de 1904 à 1995, l’endroit abrite désormais un ambitieux projet d’économie sociale. Une nouvelle série de balados, Les chroniques d’Angus, raconte l’histoire du site. Chacun des cinq épisodes d’environ 20 minutes porte sur une période clé de la trajectoire des ateliers Angus. Tensions liées au choix de son emplacement à la fin du XIXe siècle, vie syndicale dans les « shops », participation à l’effort de guerre, ascension puis fermeture de l’usine : l’auditeur en apprend beaucoup sur sa surprenante évolution et sur sa plus récente vocation.
La poutine au musée
En attendant d’obtenir, peut-être, une place au patrimoine immatériel culturel de l’UNESCO, la poutine s’installe au musée. Plus précisément, elle fait l’objet d’une exposition au Musée des cultures du monde de Nicolet. Intitulée La poutine, une culture à toutes les sauces, cette exposition est présentée jusqu’au 28 septembre. Elle retrace de façon ludique et colorée l’histoire de ce mets unique que plusieurs associent au réconfort. Le parcours mène de sa création chez nous, il y a 61 ans, à ses récentes adaptations à l’international. Au sortir de votre visite, il y a fort à parier que vous succomberez à la tentation d’en déguster une !
→ bit.ly/musée-cultures-poutine

Photo : Francis Bellerive
Rues de Montréal prises sur le vif
Depuis avril dernier, le musée McCord Stewart accueille une nouvelle exposition mettant en vedette la photographie. Battre le pavé. La photo de rue à Montréal réunit plus de 400 clichés spontanés provenant de photographes, connus ou non, du XIXe siècle à aujourd’hui. Ces images des artères petites et grandes de la métropole témoignent des mœurs sociales et de leur évolution au cours de cette période. Vie de quartier, jeux d’enfants, manifestations, événements culturels, quotidien au centre-ville, monde nocturne, autant de scènes qui permettent de porter un regard fascinant sur Montréal sans artifices.

Source : Musée McCord Stewart
Il était une fois le diocèse
Depuis quelques années, la Ville de Québec produit des documentaires Web qui allient entrevues, théâtre et musique. Réunis dans la série Québec se souvient, ils soulignent les anniversaires marquants de la capitale. Le plus récent et 16e d’entre eux se consacre aux 350 ans du diocèse de Québec. Premier diocèse catholique romain d’Amérique au nord du Mexique, lors de sa fondation en 1674 sous François de Laval, il couvre un territoire immense incluant le Canada, Terre-Neuve, l’Acadie et la Louisiane. Voilà entre autres ce que nous apprend la vidéo d’une cinquantaine de minutes.
→ bit.ly/quebec-se-souvient-diocese
Ti-Pics et Tour-du-Chapeau
Depuis 2020, à l’occasion de la Saint-Valentin, la Commission de la toponymie sonde les gens du Québec afin qu’ils choisissent parmi les noms de lieux officialisés durant l’année précédente celui qui les charme le plus. Entre les 15 finalistes coups de cœur retenus pour cette sixième édition, c’est le lac des Ti-Pics, un plan d’eau du Saguenay–Lac-Saint-Jean, qui a remporté le titre de Toponyme coup de cœur du public. Par ailleurs, la Commission en profite pour désigner elle aussi son coup de foudre annuel. Le gagnant en 2025 ? Le parc du Tour-du-Chapeau, à Montréal, un nom qui évoque à la fois les sports et l’ancienne industrie chapelière du quartier.
Kessé ça, l’urbanisme ?
La Ville de Sherbrooke lance une série de balados sur une foule de sujets liés à l’urbanisme. Intitulée Côtes à côtes, elle comporte six épisodes d’environ 30 minutes. Des employés de divers secteurs de la Municipalité y échangent autour de questions inspirées de commentaires laissés par les citoyens sur les réseaux sociaux ou lors d’assemblées publiques. Densification, crise du logement, préservation patrimoniale, mobilité et défis climatiques sont abordés sous forme de table ronde à bâtons rompus. Une occasion pour les résidentes et les résidents de s’informer de manière accessible et conviviale sur des sujets qui les touchent.
Immigrer à Rimouski
Boucard Diouf est une figure connue de l’immigration à Rimouski, mais il n’est pas le seul. Comme lui, plusieurs ont fait de ce coin de pays leur terre d’accueil au gré de différentes vagues migratoires. Parmi eux, des familles d’origine hongroise comme les Fiola et Vignola, irlandaise comme les Watts ou écossaise comme les Ross. Depuis janvier dernier, l’exposition permanente Rimouski, lieu de passages et d’appartenances à la bibliothèque Lisette-Morin rend hommage à tous les Rimouskois venus d’ailleurs. Retour sur le passé, photographies d’archives, histoires familiales et témoignages sensibilisent les visiteurs à la riche diversité ethnoculturelle de cette communauté.
Nous sommes Grondines
Envie d’un voyage dans le temps ? L’exposition virtuelle Grondines, terre de roches et de battures en propose un, au cœur d’un des villages les plus anciens du Québec. Cette expo entraîne l’internaute dans un récit historique campé dans la seigneurie des Grondines du XVIIe siècle jusqu’à aujourd’hui. Au gré d’une vingtaine de thématiques, elle raconte le quotidien de ses habitants, aussi bien marqué par les terres agricoles que par la présence du fleuve Saint-Laurent. Les textes sont enrichis de clips, de photos et d’illustrations. Parmi ces documents d’archives qui captent l’attention, plusieurs ont été fournis par des gens de la place.
→ culturepatrimoinedg.com/expositions

Source : Collection Luce Guilbault

