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Actualités patrimoniales | Été 2026

La Reine des Hurricane

Plusieurs pionnières d’exception sont trop peu connues. C’est le cas d’Elsie Gregory MacGill (1905-1980). Première femme canadienne à obtenir une maîtrise en génie aéronautique, elle a été la première au monde à concevoir des avions. Son rôle dans la production du modèle Hurricane de Hawker a été déterminant pour le pays durant la Seconde Guerre mondiale, lui valant le surnom de « Reine des avions Hurricane ». En février 2026, son fonds a été ajouté au Registre de la Mémoire du monde du Canada : correspondance, notes et documents de recherche, coupures de journaux, dessins techniques et plus de 250 photographies forment son contenu.

Source : Archives publiques de l’Ontario

 

Sport, éducation, linguistique et plus !

L’organisme Cadavre exquis, qui valorise notre patrimoine cinématographique, a ajouté à l’ensemble de sa collection 100 films 16 mm scientifiques et éducatifs produits par l’Université de Montréal. Tirés d’un fonds constitué entre 1940 et 1980, ces documents numérisés portent sur des sujets aussi divers qu’étonnants, allant des relations parents-adolescents à la technique de la passe balayée au hockey en passant par une démonstration des différences articulatoires entre l’anglais et le français, mouvement des lèvres en gros plan à l’appui. Bien que certains contenus véhiculent des conceptions aujourd’hui datées, cette incursion dans notre passé pas si lointain n’en est pas moins fascinante.

cadavrexquis.ca

 

À la chasse aux indices

La richesse historique et patrimoniale du Vieux-Québec en fait un endroit de rêve pour les rallyes pédestres. Action Patrimoine en propose un nouveau depuis février 2026. D’une durée d’environ 1 h 30, il compte 21 stations réparties principalement sur les rues Saint-Louis, des Jardins et de Buade ainsi que dans les alentours de place Royale. Au fil de leur parcours et à l’aide d’indices, les participants peuvent remplir le questionnaire en ligne avant de le soumettre afin de recevoir le corrigé par courriel. Prêt à réaliser le défi en solo, en famille ou entre amis ?

bit.ly/rallye-vieux-quebec

 

Investir dans les églises

On parle souvent du coût qu’entraîne la sauvegarde du patrimoine religieux, mais plus rarement des avantages financiers qu’elle peut engendrer. Un récent rapport publié par le Conseil du patrimoine religieux du Québec documente cette réalité. Retombées économiques du patrimoine religieux dévoile certains résultats étonnants. Entre autres, le fait que chaque dollar investi dans ce domaine génère deux dollars de retombées économiques au Québec. Valeur rehaussée des propriétés environnantes, plus d’emplois spécialisés et attractivité touristique sont autant d’avantages qui découlent des subventions gouvernementales octroyées à la restauration des lieux de culte. Ce sont toutes de bonnes raisons de préserver cet héritage collectif. Pour télécharger le rapport :

bit.ly/retombees-economiques-patrimoine-religieux

 

Un héritage au-delà du sport

Il y a 50 ans, Montréal vibrait à l’heure des XXIe olympiades d’été de l’ère moderne. Cet événement a profondément changé le paysage de la métropole et son positionnement à l’international. Du 27 mars au 13 septembre 2026, le Musée McCord Stewart lui consacre une exposition intitulée Montréal 1976: une épreuve olympique. Archives, vêtements, photos, pièces de collection, caricatures et plus encore forment une rétrospective qui relate la préparation de ces jeux, leurs obstacles, leurs grands moments sportifs, leurs innovations architecturales, leurs controverses et tensions politiques, de même que leur portée encore réelle sur l’histoire et l’identité de Montréal.

Source : Musée McCord Stewart

 

Immersion dans la Grande Noirceur

Le studio montréalais indépendant Chien d’Or lançait en février 2026 son plus récent jeu vidéo, Dans l’abîme du rêve. En résolvant des énigmes, le joueur est transporté par une succession d’écrans immersifs en 1952 dans l’univers de la jeune Thérèse, pensionnaire à l’orphelinat Saint-Nicolas-de-la-Passion dirigé par le clergé. Par ce moyen vidéoludique, le développeur du jeu et féru d’histoire Olivier Leclair souhaitait susciter la réflexion sur la période duplessiste, qui s’est révélée très dure pour certains. Il s’est basé sur des recherches approfondies et sur de nombreux témoignages pour le concevoir. Sans sombrer dans le macabre, ce jeu revêt un réalisme troublant.

bit.ly/dans-labime-du-reve

 

Photographie au féminin

Reconnue comme l’une des premières femmes à avoir pratiqué le métier de photographe dans l’est du Québec, Marie-Alice Dumont (1892-1985) n’a pas eu un parcours banal. Une nouvelle exposition numérique du Musée du Bas-Saint-Laurent le met en lumière, ainsi que son legs. Rien ne destinait cette pionnière à la profession qu’elle a exercée entre 1920 et 1960. En parcourant l’exposition, on découvre son enfance, son travail en studio et à l’extérieur et ses œuvres comme autant de plongées dans l’époque. S’y trouve même un entretien avec la dame réalisé en 1981, seules images vidéo d’elle conservées. Une visite captivante.

marie-alicedumont.com

Source : Musée du Bas-Saint-Laurent

 

Mettre la main à la forge

Le métier de forgeron et l’art de la forge vous fascinent ? Pourquoi ne pas y goûter vous-même ? Les Forges de Montréal vous en donnent l’occasion grâce à diverses formations grand public. Un ajout récent, de niveau débutant et accessible à tous dès l’âge de 14 ans, propose la fabrication d’un perce-conserve en fer. D’une durée de 3 heures et au coût de 35 $, cette formation inclut une familiarisation avec l’atelier, le maniement des outils, l’entretien du feu de forge et l’apprentissage des règles de sécurité. Différentes dates sont proposées jusqu’au 17 septembre 2026.

bit.ly/formation-perce-erable

 

Faire parler la matière

Conceptrice multidisciplinaire renommée, Caroline Monnet devenait en 2022 la première artiste autochtone canadienne à compter une œuvre dans la prestigieuse collection permanente de l’UNESCO. Jusqu’au 8 septembre 2026, le Musée canadien de l’histoire présente une exposition réunissant plusieurs de ses créations. Son titre, Pizandawatc / Celui qui écoute, fait référence au nom traditionnel en anishinaabemowin de sa famille maternelle. L’ensemble comporte des sculptures en strates de bois, des formes en bronze et des œuvres textiles brodées. Celles-ci évoquent tour à tour les récits oraux, la mémoire, la notion de territoire, le pouvoir de connexion à la nature et la résilience face à l’effacement historique.

Photo : Toni Hafkenscheid

 

Mise en beauté du patrimoine industriel

Le Silo n5 du Vieux-Port de Montréal, l’usine Five Roses et d’autres témoins de notre patrimoine industriel sont en vedette dans l’exposition de Pascal Normand, Devoir de mémoire et d’identité sur le cadre bâti. Chaque œuvre repose sur la superposition de plusieurs photos prises en longue exposition, suivie d’un travail numérique sur la couleur et les textures. Sur l’image imprimée s’ajoute de la peinture aérosol. Par sa démarche, l’artiste veut témoigner du passage des humains dans ces lieux qui ont marqué leur quotidien et résister à la perte d’identité qu’entraîne leur abandon. Au centre d’arts Moulin La Lorraine de Lac-Etchemin jusqu’au 30 août 2026.

Photo : Pascal Normand

 

Cet article est disponible dans :

Patrimoine et villégiature. Prendre-la-route

Été 2026 • Numéro 189

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