Archéologie moderne ou voyeurisme risqué?
Marie-Claude Lavigueur, Designer d’intérieur et journaliste indépendante
L’exploration urbaine des bâtiments et lieux abandonnés rime avec risque et illégalité. En quoi consiste cette pratique et quel statut lui accorder en lien avec le patrimoine ?
Attention : cet article n’est pas une incitation à pratiquer l’exploration urbaine.
Deux chapelles, dont l’une embellie par des vitraux colorés, plusieurs salles munies de tableaux verts, une vaste cafétéria, un gymnase, une centaine de chambres : ces pièces désormais inhabitées se trouvent dans un ancien monastère situé au sommet d’une colline dans une zone semi-urbaine du sud du Québec.
Bien que ce monastère soit déserté depuis le début des années 2000, il est possible d’y faire une incursion à partir du site Web d’Urbex Playground fondé par Jarold Dumouchel. Depuis plus de 10 ans, ce passionné de photo s’adonne à l’exploration urbaine, en anglais urbex. L’activité consiste à visiter des lieux vacants souvent inaccessibles ou interdits au public. Les espaces recherchés par les explorateurs urbains possèdent généralement une valeur patrimoniale ou historique.

