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Photo: Pierre Lahoud

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23 juin 2016

Hommage à l’esprit du lieu

Du 24 juin au 5 septembre, la Maison de nos Aïeux de l’île d’Orléans présente l’exposition Genius loci. L’esprit du lieu, qui regroupe une vingtaine d’images d’Arthur Plumpton. Le photographe y met en relation des éléments de l’île et de ses environs, tant matériels (sites aménagés, paysage, bâtiments, objets) qu’immatériels (identité, mémoire, rituels). Cela afin d’en dégager le sens et l’émotion. Nous vous proposons ici un court texte sur une de ces photos : celle de la maison Pichette.

par Arthur Plumpton

Les maisons ont une personnalité. Comme le profil d’un visage, le mur de pignon qu’on voit sur la photographie ci-dessus nous révèle le caractère de la maison Pichette de Sainte-Famille encore plus qu’une vue de face, où on apercevrait des lucarnes et des embellissements plus récents. Après trois siècles, et malgré quelques modifications, le mur de pignon a conservé les grandes lignes de son identité originale. En le regardant, on peut imaginer la forme des fermes du toit. Ces éléments de charpente triangulaires non déformables composés entre autres de deux arbalétriers et d’un entrait (soit deux poutres obliques et une autre, horizontale) nous viennent des maisons médiévales en bois.

La maison Pichette date d’environ 1700 et fait partie du genius loci, ou esprit du lieu, de l’île d’Orléans. Elle témoigne d’une époque où la population insulaire, de l’ordre de 2000 âmes, rivalisait avec celle de Québec. Les maisons des premiers jours de la Nouvelle-France, adaptées au climat et à l’environnement et, donc, construites en clos de madriers, en pièce sur pièce, en pieux, en colombage pierroté, mais rarement en pierre, commençaient déjà à disparaître. Heureusement, certaines des maisons du genre bâties au début du XVIIIe siècle ont su résister aux hivers et autres intempéries.

La maison Pichette, en colombage ou « pannes de bois », est de celles qui ont vaincu les affres du temps. Sa permanence, elle la doit en partie à son assise, une fondation de pierre recouverte de mortier, qui a protégé la charpente de l’humidité en la soulevant du sol. Selon une étude de Richardson et al. menée en 1948, l’île d’Orléans comptait au moins 19 maisons en colombage inspirées des constructions de la Normandie et de la Bretagne entre 1647 et 1709. Aujourd’hui, il n’en reste que quelques-unes. Ce qui fait de la maison Pichette un témoin historique et identitaire de la vie rurale encore plus important.

Arthur Plumpton est coordonnateur du Groupe pour la recherche et la conservation de l’architecture et du paysage vernaculaire.

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