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Photo: Pierre Lahoud

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11 août 2016

Croisière dans le temps

Le dossier thématique du numéro d’automne de Continuité portera sur le patrimoine lié au Saint-Laurent. Pourquoi ne pas partir dès maintenant à la découverte de ce riche héritage, en visitant quelques-uns des lieux qui le mettent en valeur ?

par Josiane Ouellet

Goélette Grosse-Île / Photo: Michel Sacco

Ne ratez pas le bateau !

Il ne reste qu’une goélette à voile du Saint-Laurent en état de naviguer : la Grosse-Île, construite à l’île d’Orléans en 1951. Grâce à la détermination de Didier Épars, qui l’a acquise au début des années 1990 et a passé 20 ans à la restaurer et à la mettre aux normes de Transports Canada, il est désormais possible de monter à bord pour une croisière à l’ancienne (croisieresgrosseile.com). Cet été, l’embarquement a lieu au quai Jacques-Cartier à Montréal.

N’empêche, certains bateaux d’antan ont trouvé leur place au musée. On peut visiter les goélettes Marie Clarisse (1923), Saint-André (1956), Jean-Yvan (1958) et Feu-Follet (1951) ainsi que le remorqueur Félicia (1923) en se rendant au Musée maritime de Charlevoix à Saint-Joseph-de-la-Rive (museemaritime.com/fr). Au cours du XIXe siècle, des centaines de goélettes ont vu le jour dans les environs. Ces embarcations, qui tenaient bien la mer et pouvaient être manœuvrées par un équipage restreint, avaient la cote pour la navigation à proximité des côtes. Liées au gagne-pain de de leurs constructeurs et des marins, elles ont joué un rôle important dans le développement économique du Québec.

Au Musée maritime du Québec de L’Islet (mmq.qc.ca) se trouve le brise-glace Ernest Lapointe, le premier navire de ce type construit par les Chantiers Davie. De 1945 à 1978, il déglaçait le fleuve entre Trois-Rivières et Montréal. Aujourd’hui, il côtoie l’hydroptère Bras d’Or 400, un navire expérimental capable d’atteindre 60 nœuds, sur le site du Musée. Quant à la Chalouperie, un lieu évoquant un atelier de chantier naval, elle déborde d’embarcations de bois traditionnelles de la région (chaloupes, canots et barques). Vous y verrez notamment La Dresseuse, qui appartenait à des braconniers de la chasse aux oies. 

Du côté de L’Isle-aux-Coudres, le Musée des voitures d’eau conserve la goélette Mont-Saint-Louis, ouverte aux curieux.

 

Brise-glace Ernest Lapointe /Alain Roberge, Musée maritime du Québec

Enfin, le musée du Site historique de la Pointe-au-Père (shmp.qc.ca) raconte l’histoire du paquebot Empress of Ireland, construit en 1906, ainsi que son naufrage, qui a fait 1012 victimes en 1914. Il s’agit de la plus grande tragédie maritime du Canada ! Faute de pouvoir monter à bord, vous verrez le spectacle multimédia Le dernier voyage, qui recrée pendant une vingtaine de minutes la vie sur le navire. Également à découvrir : l’Onondaga, le premier sous-marin accessible au public au Canada.

Musée de l'Empress of Ireland / Photo: Josiane Ouellet

Lumière sur les phares

Côté patrimoine bâti, le phare s’affirme comme un emblème incontournable de notre culture maritime. Le site Web de la route des Phares (routedesphares.qc.ca/fr/index.html), de la Corporation des gestionnaires de phares de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent, répertorie ces fières sentinelles. Une douzaine d’entre elles offrent des visites guidées, des expositions ou des panneaux d’interprétation, qui permettent de se familiariser avec leur histoire, leur rôle, leur fonctionnement et la vie de leurs gardiens.

Sa situation au cœur du village a valu au phare de La Martre (1906) le surnom de «Cadillac des phares». Les quatre gardiens qui s’y sont succédé n’ont pas eu à endurer l’isolement qu’impose généralement leur métier. Le bâtiment de structure octogonale se démarque par son ossature en bois, unique sur la côte gaspésienne. Sans compter que son horlogerie d’origine assure toujours la rotation de son module d’éclairage. Tout près, le Musée des phares (museedesphares.org) présente une exposition permanente sur l’évolution des lanternes de phares de 1700 à aujourd’hui.

Toujours en Gaspésie, le phare de Pointe-à-la-Renommée (pointe-a-la-renommee.com) propose deux expositions : L’espace d’une vie à Pointe-à-la-Renommée et Marconi, l’histoire des communications et radios. C’est que le bâtiment occupe le site où le physicien, inventeur et homme d’affaires a installé, en 1904, la première station radio maritime en Amérique du Nord. Mais le phare n’a pas toujours été là. En 1977, on l’a déménagé au Vieux-Port de Québec. Puis, grâce aux efforts d’un comité de citoyens de L’Anse-à-Valleau, il a finalement été rapatrié en 1997.

Enfin, le Musée maritime du Québec présente actuellement l’exposition Tout feu, tout phare, produite en collaboration avec Patrick Matte, chasseur de phares, Les amis du Port-Joli et la Corporation des gestionnaires de phares de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent. À l’aide de photos, d’artéfacts et de maquettes, cette exposition temporaire explique les fonctions remplies par les phares et souligne leur importance pour les armateurs, les marins et leurs gardiens.

Les travailleurs de la mer

Manoir Le Boutillier / Photo: Ghislaine Roy

Plusieurs autres sites, bâtiments, musées ou expositions témoignent de notre passé maritime. Sur le thème de la pêche, par exemple, le Site historique et archéologique de Pabos (lebourgdepabos.com/centre-dinterpretation) commémore le plus important établissement permanent de pêcheurs de la côte gaspésienne à l’époque de la Nouvelle-France. À Gaspé, le Manoir Le Boutillier (manoirleboutillier.ca) convie à la découverte de la maison d’échange et de commerce du grand industriel de la pêche John Le Boutillier. Tandis qu’au Site historique du Banc-de-Pêche-de-Pasbébiac (shbp.ca), on met à l’honneur la Charles Robin Company et la Le Boutillier Brothers, les deux plus importantes compagnies de pêche jersiaises des XVIIIe et XIXe siècles. Aux alentours des années 1870, elles possédaient plus de 70 bâtiments sur place ! Parmi les onze qui ont subsisté, l’entrepôt Le Boutillier accueille l’exposition Pasbébiac, capitale historique de la pêche en Gaspésie, qui revient sur la présence et l’impact des compagnies jersiaises dans la région, autrefois siège d’un véritable empire de la pêche et du commerce. Du côté de la charpenterie, il est question de construction navale dans l’exposition La vie au chantier naval, les inscriptions nous racontent, qui porte sur les activités de la Charles Robin Company.

Pour ceux que le sujet intéresse, il y a aussi l’exposition Un chantier, mille bateaux ! au Lieu historique national du Canada Chantier A.C. Davie à Lévis (acdavie.com). Celle-ci se penche sur l’histoire d’un des plus célèbres chantiers maritimes du Québec, actif de 1832 à 1989. Pour en apprendre davantage, on consulte sur le site Web l’exposition virtuelle Se gréer pour le chantier. Témoignages de travailleurs et résidants, basée sur une série d’enquêtes ethnologiques réalisées entre 2002 et 2009. Pas très loin, à l’île d’Orléans, le Parc maritime de Saint-Laurent (parcmaritime.ca) occupe le site de l’ancien Chantier maritime de Saint-Laurent (1908 à 1967). Autrefois la plus importante industrie de l’île, il se consacrait surtout à la construction, à la réparation et à l’hivernage de goélettes. En 1989, la chalouperie Godbout (1838) a été transportée sur place. Elle rappelle notamment que plusieurs chaloupiers travaillaient à Saint-Laurent au XIXe siècle et que leurs entreprises participaient activement à l’économie du village.

Batailles vitales sur le Saint-Laurent
Le Saint-Laurent étant parsemé d’une multitude d’îles, les particularités de la vie insulaire font également partie de l’héritage qu’il nous lègue. L’exposition du Parc maritime, Je, tu… île, celle du Musée de la mer de Havre-Aubert (museedelamer-im.com) et celle du centre d’interprétation installé dans l’école Michaud de l’île Verte (ileverte-tourisme.com/quoi-faire/circuit-touristique) abordent toutes cette question.

Dans un autre ordre d’idées, le Musée naval de Québec (museenavaldequebec.com) s’intéresse à l’histoire navale du Saint-Laurent dans l’exposition Méandres, mémoires du Saint-Laurent en guerre, qui couvre la période s’étendant des établissements amérindiens à la Seconde Guerre mondiale. Le Lieu historique national de la Bataille-de-la-Ristigouche (pc.gc.ca/fra/lhn-nhs/qc/ristigouche/index.aspx) rappelle pour sa part la dernière bataille navale de la Conquête, qui a eu lieu le 8 juillet 1760. On peut y voir les vestiges de l’épave du Machault, un voilier de 26 canons, qui a passé 200 ans sous l’eau. Il faisait partie de la mission de secours française qui avait pour but de reprendre la Nouvelle-France.

Bien d’autres lieux de mise en valeur du patrimoine lié au Saint-Laurent méritent qu’on s’y attarde. Entre autres ceux qui se consacrent au patrimoine naturel, comme Exploramer (exploramer.qc.ca), le Centre de découvertes du milieu marin (pc.gc.ca/fra/amnc-nmca/qc/saguenay/natcul/natcul3.aspx) et le Centre d’interprétation des mammifères marins (http://parcmarin.qc.ca/page_details/centre-dinterpretation-des-mammiferes-marins-cimm/). Nous avons simplement voulu vous donner un aperçu des possibles. À vous, maintenant, de poursuivre l’exploration (quebecmaritime.ca, entre autres, réunit de bonnes suggestions) !

Josiane Ouellet est rédactrice en chef du magazine Continuité.

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