Habiter le risque
Maurice Gagnon, Journaliste et auteur
Villes et villages du Québec ont pris racine au bord de l’eau et composé avec les caprices de la nature. Mais la crise climatique y amplifie aujourd’hui les risques d’embâcles, de crues et de déluges. Tour d’horizon.
Depuis les débuts de la colonisation, le Québec s’est construit aux abords de ses rivières, de ses lacs et de son fleuve. Son hydrographie a structuré les déplacements humains, nourri les communautés et conditionné le développement des villages. « Les premières implantations humaines se sont faites au bord de l’eau pour des raisons très pragmatiques : le transport, l’accès aux ressources, l’agriculture », rappelle Marilyne Gaudette, doctorante en études urbaines à l’Université du Québec à Montréal.
Avec le temps, les motivations liées à cette proximité se sont diversifiées. « On ne s’installe plus près des rives pour survivre, mais pour le cadre de vie qu’elles offrent », explique la chercheuse. Sans perdre leur rôle de voies de circulation et de lieux d’habitation, le fleuve et les rivières deviennent aussi des espaces de villégiature, de baignade et de loisirs nautiques.

