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La porte-parole de
Continuité
et autrice Audrée Wilhelmy se prête à
une séance photo illustrant le pouvoir des odeurs.

La porte-parole de Continuité et autrice Audrée Wilhelmy se prête à une séance photo illustrant le pouvoir des odeurs. | Catrine Daoust

L’archéologie des parfums

Chaque période de ma vie pourrait se résumer par un bouquet d’odeurs. Petite, ma mère déposait quelques gouttes d’eau de Floride (un parfum aux notes d’agrumes et de fleurs) sur mon oreiller pour m’apaiser. Et puis, la maison familiale a toujours été imprégnée des passions de mes parents : les effluves de gym au sous-sol, où mon père s’entraînait pour ses triathlons, et les émanations de térébenthine et d’huile dans l’atelier de peinture de ma mère.

À l’université, ce sont d’autres senteurs qui ont marqué ma mémoire : l’odeur dense et grasse des encres utilisées pour mes gravures sur cuivre, celle du métal chauffé à blanc dans les ateliers de verre soufflé, et l’haleine brûlante du four de fusion. Aujourd’hui, mon quotidien s’accompagne d’arômes plus naturels : le parfum résineux du sapin baumier mêlé à l’odeur humide et algale du lac tout près de chez moi. Il y a aussi celui, terreux et fauve, des pattes de mon chien, et la fragrance d’une crème à la lavande que j’utilise chaque jour.

Avec ce numéro, Continuité invite ses lecteurs à retrouver les odeurs qui ont marqué leur vie — une forme d’archéologie intime, révélatrice d’un patrimoine sensoriel trop souvent ignoré. D’ailleurs, les confidences de certains d’entre eux sont dévoilées par une illustration aussi sensible que magnifique à découvrir dans l’article Quelles odeurs éveillent votre mémoire?

Avec ce numéro, Continuité invite ses lecteurs à retrouver les odeurs qui ont marqué leur vie — une forme d’archéologie intime, révélatrice d’un patrimoine sensoriel trop souvent ignoré.

Au-delà de ces souvenirs personnels, le patrimoine olfactif fait l’objet de recherches de plus en plus poussées. Les technologies numériques jouent un rôle clé dans sa documentation et sa transmission. Certains musées québécois l’intègrent même à leurs expositions, ajoutant une dimension sensorielle à l’expérience de visite.

Et que dire des parfumeurs québécois qui, à leur manière, capturent l’essence d’un lieu, d’une culture ou d’un souvenir ? Leur travail oscille entre création et transmission du patrimoine, qu’ils imaginent un parfum ou qu’ils proposent une installation olfactive dans laquelle chaque senteur devient œuvre d’art.

Cet automne, laissez vos sens s’ouvrir et devenez l’archéologue des odeurs qui peuplent votre quotidien, votre ville, votre Québec. Lorsque ces effluves réveillent votre mémoire, ils s’ancrent dans votre patrimoine intime. Quelles sont les odeurs qui tissent la trame de votre vie ? ◆

 

Caroline Fortin est directrice générale et rédactrice en chef du magazine Continuité.

Cet article est disponible dans :

Patrimoine olfactif. Parfum d'histoire

Automne 2025 • Numéro 186

Actualités patrimoniales | AUTOMNE 2025

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