Les atouts des mal-aimés
Brigitte Trudel, Journaliste et auteure
Les vieilles usines ont moins la cote que d’autres bâtiments quand il s’agit de requalification. Il existe pourtant plusieurs exemples de réussite. En voici quatre.
Elles sont là, mais vous passez sans les voir, par habitude. Ou peut-être les trouvez-vous moches ? Aux côtés d’autres immeubles patrimoniaux, les vieilles usines font figure de mal-aimées. « On leur porte peu d’intérêt en comparaison des églises ou d’autres édifices qu’on associe à la beauté et à la prestance », admet Gabriel Laferrière, consultant pour Passerelles — une coopérative de services en valorisation patrimoniale.
Non seulement les vieux bâtiments industriels sont souvent très délabrés, mais ils peuvent porter une charge négative. « Plusieurs ont été fermés brusquement en laissant des souvenirs traumatiques. Les gens les associent aussi à la pollution. Quant aux porteurs de projets, ils sont freinés par le gigantisme des lieux, leur contamination potentielle. Et ils craignent le complexe équilibre à établir entre le cachet du passé et les normes actuelles. »
Pourtant, plaide Gabriel Laferrière, il y a une foule de bonnes raisons de choisir ce type de bâtisses pour un projet de requalification. « Leur structure est solide. Elles offrent de grands espaces ouverts et beaucoup de fenêtres. » Sans compter que, durant leur première vie, elles ont connu diverses transformations pour s’adapter à l’évolution technologique. « La requalification, c’est dans leur ADN. »

