L’héritage ouvrier du Québec
Maurice Gagnon, Journaliste et auteur
Le patrimoine industriel de la province témoigne de l’histoire de ses usines et de ses travailleurs. Les récits de ceux qui ont contribué à façonner cet héritage dévoilent un passé à la fois glorieux et marqué par des défis.
Au cours de la première phase d’industrialisation au pays, une nouvelle classe sociale émerge : la classe ouvrière. Autant d’hommes que de femmes — parfois même des enfants — font partie de cette catégorie de travailleurs qui sont peu rémunérés, à majorité francophone.
L’activité manufacturière s’impose alors comme l’un des moteurs principaux du développement du Québec. Des papetières de Trois-Rivières à la production d’aluminium d’Arvida, ces industries façonnent le quotidien de milliers de travailleurs. Dans sa chanson La vie d’factrie, Clémence DesRochers illustre parfaitement le quotidien d’une journée en usine, marquée par de longues heures à supporter le vacarme des machines et à accomplir des gestes répétitifs, comme « enfiler le bas d’coton sur un séchoir en forme de jambe, en partant d’la cuisse au talon ».

