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11 août 2014

Patrimoine Gaspésie interpelle la ministre

La corporation Patrimoine Gaspésie se joint à la ville de Percé pour demander à la ministre de la Culture et des Communications, madame Hélène David, d'intervenir dans la vente de deux bâtiments patrimoniaux: l'ancien cookroom Robin (Bell House) et l'ancienne maison de l'agent Robin Auberge Le Pirate).

Voici la copie de la lettre envoyée à la ministre:

 

Gaspé, le 11 août 2014


Madame Hélène David
Ministre de la Culture et des Communications
225, Grande Allée Est, Bloc A, 1er étage
Québec (Québec)  G1R 5G5


Objet : Bâtiments patrimoniaux à vendre à Percé : votre ministère doit intervenir


Madame la Ministre,
Par la présente, Patrimoine Gaspésie s’empresse d’appuyer la requête que vous a fait la ville de Percé vous demandant d’intervenir dans le processus de vente par soumission de deux bâtiments patrimoniaux, soit l’ancien cookroom Robin (Bell House) et l’ancienne maison de l’agent Robin (Auberge Le Pirate).

Nous vous rappelons que c’est grâce à l’intervention du gouvernement du Québec que fut créé, en 1973,  l’ « Arrondissement naturel de Percé » visant à protéger le patrimoine naturel et culturel du secteur. Il était urgent d’agir pour contrer le développement anarchique du secteur. Ainsi, cette reconnaissance nationale a permis d’instaurer une réglementation touchant l’aménagement de ce  secteur ainsi que la préservation, la rénovation et la construction d’édifices.

Si cette règlementation a permis d’éviter le pire, elle n’a pas pour autant été accompagnée d’une volonté politique municipale et provinciale de dynamiser le centre-ville en tant que milieu de vie communautaire et culturelle. Or, aujourd’hui, il y a une ferme volonté de la part du conseil municipal de Percé de centrer le développement du centre-ville sur des ancrages communautaires et culturels. On ne peut que se réjouir de cette volonté politique et de cette vision de développement qui a souvent fait défaut à Percé. C’est pourquoi, il est impérieux que votre ministère s’y associe de très près et le manifeste rapidement dans le cas présent de la vente au plus offrant de deux bâtiments historiques qui trônent en plein cœur du village.

Il faut se rappeler que dans les années 1960 et 1970, Percé vivait au rythme d’une effervescence culturelle grâce au Centre d’art de Percé, aménagé dans un bâtiment historique (ancienne grange de la compagnie Robin). Après le décès de son instigatrice, Suzanne Guité, le Centre d’art, acheté par des intérêts privés, fut converti en brasserie. Devant l’inertie du conseil municipal de l’époque et de votre ministère, le centre-ville de Percé perdit un pan majeur de sa vitalité culturelle. Quelque temps après – et fort heureusement – le musée Le Chafaud, sous l’impulsion de Jean-Louis Lebreux, a permis de redorer quelque peu le blason culturel de Percé en présentant des expositions en arts visuels de grande qualité.

Revenons à la vente par soumission de ces deux édifices patrimoniaux. Pourquoi est-il impératif que vous interveniez pour retarder la vente de ces bâtiments? En 2014, dans un contexte de développement durable, vous vous devez d’appuyer un maire qui a un plan directeur visant à désengorger le centre-ville et à faire de Percé un milieu de vie communautaire et culturelle. Or, ces deux bâtiments historiques occupent un emplacement clé dans le cadre du projet qu’a la ville de mettre en valeur le littoral.

Aussi, il ne faut pas penser que cette vision de développement s’oppose au développent commercial de l’endroit. Bien au contraire, c’est en améliorant le produit culturel, en redonnant une fierté d’appartenance aux gens de Percé, en favorisant une réappropriation de leur milieu de vie que l’image de Percé sera renforcée et bénéfique pour le milieu et à l’échelle nationale et internationale. C’est pourquoi, nous vous invitons à intervenir auprès du ministre du Revenu afin de retarder la vente par soumission de ces deux bâtiments. Ce sera là une action déterminante permettant à la ville de Percé de s’assurer que ces bâtiments patrimoniaux d’une valeur exceptionnelle servent à des fins culturelles et communautaires. Voilà, selon nous, une occasion propice pour la ville de Percé de développer un consensus auprès des citoyens et un partenariat avec votre ministère pour faire de ces deux bâtiments un pôle culturel fort au centre-ville de Percé.

Rappelons que ces deux édifices ont une valeur patrimoniale exceptionnelle et font partie d’un ensemble architectural représentatif de l’établissement de la compagnie de pêche Robin qui a dominé l’économie de Percé et de la Gaspésie durant plus de 175 ans. Les édifices restant, qui datent des années 1800-1835 et qui forment aujourd’hui l’ensemble Robin à Percé, sont le Chafaud, la Cantine, la Neigère, la Saline (propriété de la Sépaq), la Grange (ancien Centre d’art de Percé, propriété des Bateliers de Percé) et le Bell House (ancien cookroom où résidaient les employés de la compagnie Robin) et l’Auberge Le Pirate (ancienne résidence de l’agent de la compagnie Robin à Percé).

Dans un récent article du Devoir*, la directrice régionale de votre ministère indiquait qu’en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel « le titulaire de la Culture » ne peut pas intervenir du fait qu’il s’agit de « deux bâtiments qui ne sont pas  classés ». Nous pensons que cette interprétation est discutable car l’esprit de la nouvelle loi véhicule une vision plus élargie de la notion de patrimoine. Dans la section V de la Loi touchant le cas de sites patrimoniaux déclarés (par le gouvernement) ou classés (par le ministre), l’article 64 protège les immeubles s’y trouvant et s’apparente en termes de protection à l’article 49 relatif aux biens patrimoniaux classés. Du fait que les bâtiments en vente (Bell House et auberge Le Pirate) font partie intégrante du « Site patrimonial de Percé** » et qu’ils sont, comme d’autres dont l’ancien chafaud et l’ancienne grange Robin, d’intérêt exceptionnel, nous pensons qu’ils n’ont pas à avoir un autre statut de bien patrimonial classé pour empêcher votre ministère d’intervenir dans ce dossier.

Madame la Ministre, vous savez comme nous que Percé est une icône emblématique du tourisme au Québec, et ce, à l’échelle internationale, Vous vous devez donc de prendre en compte l’importance d’améliorer le produit culturel et le caractère attractif du centre-ville de Percé qui a été fort malmené au cours des années passées. S’il y a un moment où le gouvernement du Québec se doit d’appuyer la ville de Percé dans sa volonté de redonner une meilleure image à son produit touristique, à travers une réappropriation de sa communauté au développement de son milieu de vie, c’est bien maintenant.


En vous remerciant de l’attention que vous porterez à notre demande, nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de nos sentiments distingués.



Jean-Marie Fallu, président   
Patrimoine Gaspésie inc. 
418-360-1245 / 360-5775


*Thierry Haroun, « Patrimoine de Percé menacé : Québec refuse d’intervenir », Le Devoir, 6 août 2014, p. A5.
**La déclaration « Arrondissement naturel » a été changé pour « Site patrimonial » dans la nouvelle Loi du patrimoine culturel en vigueur depuis octobre 2012.

c. c. :
- Monsieur André Boudreau, maire de Percé.
- Monsieur Gaétan Lelièvre, député de Gaspé.
- Monsieur Jean D’Amour, ministre responsable de la région de la Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine.
- Madame Hélène Latérière, directrice, ministère de la Culture et des Communications, direction de la Gaspésie - Îles-de-la-Madeleine.

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