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Photo : Josiane Ouellet
Été 2019  |  Numéro 161

Patrimoine semencier. Un legs à cultiver


Dossier   |  par , historien et ethnologue

Histoire de fruits

Quels fruits cultivait-on sur les terres de nos ancêtres ? D’où venaient-ils ? Quel destin ont-ils connu ? Incursion dans un monde de saveurs et d’histoires.

La Suète. C’est le nom d’une poire bien sucrée dont le sort est lié à celui d’une très vieille rue, une côte située dans l’arrondissement de Sainte-Foy–Sillery–Cap-Rouge de Québec, qui arrivait autrefois de L’Ancienne-Lorette, plus au nord. La montée, longue et abrupte, a dû faire suer beaucoup de nos ancêtres, d’où ce nom évocateur. Les premières concessions de terres et les quelques maisons qui s’y sont alignées remontent sans doute au Régime français. Puis, au milieu du siècle dernier, la circulation régulière y disparaît peu à peu et la côte devient une simple rue de banlieue comme ses voisines. Peu de témoins matériels subsistaient encore sur cet ancien axe de communication, il y a 40 ans, à l’exception d’un très vieil arbre fruitier.

En 1982, je reçois un appel de Pierre Morisset, professeur de biologie à l’Université Laval : il a reçu la visite d’un résident de La Suète, un homme assez âgé, d’origine polonaise, établi depuis longtemps sur une ancienne parcelle de la côte où il a trouvé un très vieux poirier, un arbre plus que centenaire, prétend-il, dont il a toujours profité des fruits. L’homme est dans tous ses états, fébrile et anxieux, car il vient de vendre sa maison et le nouveau propriétaire va couper le vieux poirier pour y installer sa piscine. Il faut, c’est urgent, dit-il, sauver ce poirier : ce serait un crime de perdre ces excellents fruits d’autrefois. Peu outillé pour donner suite à une telle urgence, mon ami Morisset me propose de répondre à cette demande, sachant que je suis déjà en voie de restaurer mon verger de pruniers à Saint-André (Kamouraska) et que je procède aussi à la multiplication de certains arbres par des greffes. Prélevés sur le vieux poirier avant son abattage, quelques scions sont aussitôt greffés sur des racines de Pyrus communis. Ils me donneront cinq beaux sujets.

Le seul de ces poiriers qui a réchappé des aléas de la transplantation et du climat se dresse, 37 ans plus tard, au milieu de mon verger, solide, ouvert à tous les vents et toujours très productif. Il donne chaque année de bonnes grosses poires, qu’on appelle doyennes parce qu’elles mûrissent tard, presque avec les premières neiges de la fin d’octobre. Ce sont des fruits à la chair dure, sucrée et bonne à cuire, qu’on peut garder au frais jusqu’en décembre. Le Verger patrimonial de la Côte-du-Sud, fondé par Ruralys à Sainte-Anne-de-la-Pocatière, prélève et greffe chaque année le bois de ce poirier, maintenant nommé La Suète, pour remettre en marché les rejetons de ce vieux témoin de l’histoire fruitière.

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