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Photo : Josiane Ouellet
Automne 2019  |  Numéro 162

Patrimoine et aviation. À la conquête du territoire


Chronique   |  par , d'Archéo-Québec

L’angle d’une tragédie

En 1942, un hydravion sombre dans le fleuve Saint-Laurent à la hauteur de Longue-Pointe-de-Mingan. Les artéfacts repêchés sur l’épave 70 ans plus tard constituent de formidables témoins de cet événement qui a marqué l’histoire locale. Du nombre, ce compas de relèvement astronomique.

Durant l’année 1941, le United States Army Air Corps Ferry Service et l’Aviation royale canadienne joignent leurs efforts pour construire un aérodrome afin de permettre le transport des avions de l’est du Canada vers les forces alliées en Europe. Le pont aérien qui relie le Maine et le Labrador s’appelle la North Atlantic Air Ferry Route. En son milieu, dans la municipalité de Longue-Pointe-de-Mingan, située sur la Basse-Côte-Nord, la base aérienne est en chantier.

Le 2 novembre 1942, des militaires venus inspecter l’avancement des travaux de construction subissent un accident tragique. À la suite de deux décollages ratés, leur hydravion sombre dans le fleuve Saint-Laurent, emportant avec lui cinq des neuf membres de l’équipage. Dans leurs embarcations à rames, des habitants du coin se précipitent pour porter secours aux passagers qui réussissent à s’échapper de l’appareil avant qu’il ne coule.

 

Refaire surface

En 2009, lors d’un projet d’inventaire des ressources culturelles submergées de la réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan, sous la direction de Marc-André Bernier, les archéologues de Parcs Canada repèrent l’épave de l’hydravion OA-10 Catalina de Longue-Pointe-de-Mingan.

En 2012, la Force mixte de contrôle des prisonniers de guerre et des portés disparus des États-Unis (Joint POW/ MIA Accounting command - JPAC) réalise des fouilles archéologiques subaquatiques avec l’assistance de Parcs Canada. On souhaite non seulement étudier l’épave, mais aussi récupérer les restes humains et les objets personnels des militaires impliqués dans l’accident. Parmi les artéfacts remontés à la surface se trouve un compas de relèvement astronomique de type Astro Compass MK II. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les pilotes et les navigateurs utilisaient cet instrument pour trouver le nord à partir des étoiles et ainsi pallier les défaillances des compas magnétiques en haute altitude. Ils pouvaient alors connaître la position exacte des appareils en vol et mesurer leur alignement et leur direction.

L’archéologue Marc-André Bernier propose une analyse très juste de la pertinence de la découverte de l’avion submergé. Au-delà de sa valeur archéologique, sa mise au jour souligne l’importance de la présence militaire américaine sur le territoire québécois lors de la Seconde Guerre mondiale, un élément méconnu de l’histoire nationale. De plus, les fouilles participent à la réactualisation d’un événement passé marquant. Cela crée un espace de commémoration et d’échange à la fois pour les proches de ceux qui ont péri dans l’accident et pour les habitants de la municipalité qui ont prêté main-forte aux rescapés.

À noter qu’en plus du compas de relèvement astronomique, le ministère de la Culture et des Communications du Québec conserve et préserve plusieurs autres artéfacts qui proviennent de l’épave de l’hydravion OA-10 Catalina.

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