Quand l’art prend la rue
Maxime Bilodeau, Journaliste indépendant
La présence d’œuvres d’art dans l’espace public, là où tous les regards convergent, ne date pas d’hier. « Des témoignages de missionnaires français font état de décorations sur les habitations traditionnelles autochtones », rappelle d’emblée Laurier Lacroix, professeur émérite de l’Université du Québec à Montréal, où il a enseigné l’histoire de l’art et la muséologie.
Depuis le XIXe siècle, les productions artistiques offertes à la vue de tous se multiplient — quoi qu’en disent certains critiques qui considèrent l’art public comme élitiste ou, pire, déconnecté de la réalité. L’historien de l’art, urbanologue et ancien commissaire au Bureau d’art public de la Ville de Montréal, Laurent Piché-Vernet, en sait quelque chose. En plus d’être aujourd’hui directeur de la Galerie de l’Université de Montréal, il a consacré sa thèse de doctorat à la vie sociale des œuvres d’art dans les espaces publics de la métropole. « L’art contribue à sa manière à la vie en collectivité », y écrit-il, puisqu’il teinte l’expérience des lieux communs vécue par les citoyens.

