Sauvegarder le Quartier chinois
Maxime Bilodeau, journaliste indépendant
Des passionnés de patrimoine mettent le riche passé du Quartier chinois de Montréal à l’abri des bulldozers et de l’oubli. Fil des événements et gros plan sur deux des bâtiments sauvegardés.
Un pan significatif de l’histoire de Montréal menacé par des promoteurs immobiliers. Des lanceurs d’alerte qui, en 2021, font entendre les voix citoyennes jusque dans les corridors de l’Assemblée nationale du Québec. L’obtention en un temps record d’une promesse gouvernementale de préserver les bâtiments de la démolition. Disons-le : les événements qui ont mené au classement d’une portion du Quartier chinois montréalais comme site patrimonial par le gouvernement du Québec, à l’été 2023, sont dignes d’un scénario hollywoodien. Le site désormais protégé, baptisé Noyau-du-Quartier-Chinois, comprend neuf bâtiments principalement situés sur la rue De La Gauchetière Ouest.
Au cœur de la mobilisation citoyenne qui a permis cet heureux dénouement, Jean-Philippe Riopel. Fils d’un des premiers policiers communautaires attitrés au Quartier chinois dans les années 1980 et 1990, le quarantenaire sillonne les rues de ce secteur du nord du Vieux-Montréal depuis son enfance. Ce muséologue et guide touristique professionnel réside dans le quartier depuis 20 ans. Il concentre aujourd’hui son énergie sur le complexe Wing, formé de deux des bâtiments du site. Le complexe abrite depuis six décennies l’entreprise de la famille Lee, qui y produit des biscuits de fortune.

